Tu veux faire quoi quand tu seras grande??

Dans quelques jours je vais avoir 35 ans… bizarrement cet anniversaire m’effraie autant qu’il m’indiffère… Ce sera un anniversaire comme les autres. Habituellement, j’aime bien cette journée pleine de doux messages, de cadeaux et de sucreries. Mais je sens bien que celui-là il sera un peu différent.
Ce matin, j’ai réalisé que la barrière que j’avais mis enfant pour dire qu’on devenait vraiment adultes (et légèrement vieux) c’était 35 ans… Pourquoi? je ne sais pas, mais alors pas du tout… (pardon les copains qui ont 35 et plus, vous n’êtes pas vieux, c’est juste mon cerveau qui déraille encore ! promis je vous aime pareil qu’à vos 20 ans! 😘 )

35 ans… c’est dans ma tête que je mets une barrière… avec 4 enfants j’ai déjà les rides et traits fatigués d’une femme de 50 ans et j’ai des cheveux blancs en pagaille (qui me permettent de me teindre les cheveux en bleu et rouge pour être patriote 😉)

Je pourrais balayer d’un revers de main cette pensée enfantine qui dit qu’à 35 ans on est vieux et retourner siroter un mojito avec les copains et la famille pour fêter les jours qui passent et qui nous gardent unis et heureux ensemble.
Bien… mais en fait non… A la veille de mes 35 ans je me demande ce que je veux faire quand je serais grande (donc le 24 juin et les jours et années qui suivront…)


Ok me direz-vous… mais t’as déjà une vie de rêve… tu veux quoi alors? Ben je ne sais pas… Je garde les gosses, le mari, la belle maison, la famille aimante et les potes trop cools.
Côté professionnel c’est nettement plus flou… Je tente de transformer ça mais c’est pas évident…
Le médecin à dit “épuisement professionnel”. La psy a confirmé. Et alors, je fais quoi maintenant? Après avoir dormi pendant quelques semaines je continue ma cure de siestes entrecoupée de beaucoup d’interrogations…

Les rendez-vous avec la psy et les différentes conversations que j’ai pu avoir disent toutes un peu la même chose. Je suis créative. Mais je fais quoi avec tout ça? Je marche à l’instinct, à l’envie… c’est pas comme ça que je vais gagner ma vie. je me connais. Si je voulais chercher à créer pour vendre, je me mettrais des contraintes impossibles, je me mettrais une pression folle et surtout je perdrais mon sentiment de liberté car j’aurais le besoin d’être rentable (faut bouffer et éventuellement rembourser le crédit puisque je veux garder la belle maison 😅 )

Et enseigner alors, ça ne me convient plus? Ben si, j’adore mon métier mais pas comme je le fais actuellement. Plus pareil. Il me faudrait révolutionner pleinement ma façon de faire mais je me sens seule et surtout démunie et fatiguée pour me lancer…

[…]

J’ai fait une pause dans cet article car j’étais partie très loin dans une longue psychanalyse de moi-même et une analyse de mon métier dans un brouillon. Cela ne vous parlera pas forcément et surtout c’est trop brouillon, trop flou. Je garde ce fouillis pour moi, sinon on risquerait de me prendre pour une grande tarée!
[…]

En fait, j’ai un sentiment d’imposture dans tout ce que j’entreprends à la maison comme à l’école. Je ne me sens jamais légitime dans ce que je fais.
Un bon repas? ce sera grâce à la recette, à un coup de bol mais jamais grâce à moi. Une jolie création? Ce sera toujours perfectible, je vous montrerai l’ourlet de traviole… Du bon travail? ben quoi, c’est mon travail, c’est donc normal ce que je fais… Une bonne mère car j’ai fait quelque chose de bien? je vais vous répondre en citant mes erreurs… une copine sympa? ben ouais mais je vous dirais que j’ai oublié votre anniv’, que je vous ai pas appelé depuis 15 jours, que je ne savais pas que vous aviez un rhume…etc. La liste est longue. mais je suis incapable de dire que je suis capable ! ma seule capacité réelle et reconnue réside dans ma faculté à reconnaître mon incapacité, quelle ironie !😂

Alors je me retrouve là, bêtement face à mon écran pour essayer d’éclaircir mes idées, pour partager un peu avec vous pour élargir mon champ de vision. Mieux me comprendre et trouver une piste pour avancer et devenir une vieille épanouie 👵 (nan parce que si je deviens une vieille aigrie je vais avoir du mal à m’auto-supporter !)

Assez bizarrement malgré le tableau assez pessimiste que je viens de vous dresser, je vais bien. Je me sens heureuse, chanceuse et bien dans ma vie.

Si vous avez des idées, des partages d’expériences, des conseils, je prends ! que ce soit le nom de votre crème anti-rides, une astuce pour devenir amie avec un de ses « moi intérieur », une idée de reconversion, un pti sourire, une blague carambar, une annonce à passer pour vendre votre clio blanche de 1985… un truc quoi !

Merci de m’avoir lue et je reviens vite car je veux vous parler des 3 ans du SiMignon (et très bientôt des 12 ans et 6 ans des filles), je voulais vous montrer des astuces anti-tâches et quelques mots d’enfants… enfin bref, j’ai du boulot ici aussi !

Allez, je file faire une sieste!

Le petit verre d’eau et le lit de grand

Après cette rentrée un peu chargée, j’avais envie de prendre le temps de vous raconter ce passage du SiMignon à un « lit de grand » 

Depuis quelques mois, il était devenu très difficile de le coucher. Il se mettait debout et parlait sans cesse avec la MiniMiss avec qui il partage la chambre. Il interpellait les 2 autres en espérant faire venir quelq’un près de lui. Il négociait alors un peu d’eau, ordonnait qu’on ramasse sa tétine joyeusement lancée par dessus bord, quémandait un livre ou un jouet… Bref, il ne voulait pas dormir… 

On hésitait donc à lui offrir une plus grande liberté… 

A la fin de nos vacances, il a eu le droit de dormir dans le grand lit de son oncle et il était heureux et fier. 

Bien sûr, il a fait une tentative de fugue dès le 2ème soir (bien organisé, il avait emballé son doudou et sa tétine dans la couette!)

Une fois à la maison, nous nous sommes lancés dans la construction de son nouveau lit. Le lit parapluie n’était pas loin. D’abord pour nous offrir une garantie au cas où il ne dormirait pas mais aussi dans l’hypothèse où je ne sache pas monter ce lit 😆

Après avoir pleuré en voyant son lit à barreau au sol, il a pris un tournevis et est venu me donner un coup de main

Il a choisi sa couette de « Louloupotame » et s’est couché ! Ce jour-là, il a passé un temps fou dans son lit. 

Finalement ce passage au grand lit n’a pas changé grand chose dans les premiers jours. Il nous appelait quand même le soir. 

Et puis un soir alors qu’il criait comme un pauvre malheureux qu’il voulait boire, j’ai entendu la MiniMiss le prendre en charge. 

Elle s’est levée, l’a invité à faire la même chose. Gentiment, elle lui a expliqué qu’il pouvait sortir seul et aller dans la salle de bain. Il hésitait un peu alors elle l’a pris par la main. 

Ensemble devant le lavabo je les entendais chuchoter:

-« regarde, tu peux prendre de l’eau. »

-« attends, marche » (le SiMignon installait sa petite marche pour accéder au robinet)

-« et voilà de l’eau. »

-« non, verre pirate sipeuplai »

-« tiens »

-« merci »

-« tu vois, t’es un grand maintenant, tu peux le faire tout seul d’accord?! »

Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu peur qu’elle lui ait appris à se relever… Je m’imaginais déjà avec lui, vivant sa petite vie, le soir jusqu’à pas d’heure… L’enfer, le cauchemar… J’hesitais à me fâcher pour leur ordonner d’aller vite au lit quand ils sont repartis tous les 2 sur la pointe de pieds pour rejoindre leur lit. 

Là encore la MiniMiss a pris à coeur son rôle de grande soeur en lui expliquant qu’il fallait vite se recoucher et qu’il n’aurait droit qu’à un seul verre d’eau le soir ! 

Ils se sont recouchés en se souhaitant une bonne nuit et se sont endormis. 

Cette anecdote peut paraître un peu ridicule mais ce soir là, la MiniMiss a grandit et le SiMignon aussi. Ils n’avaient pas besoin de nous et ils ont franchi cette petite étape de la vie tous les 2. 

Depuis le SiMignon a organisé une soirée pyjama (on l’a retrouvé par terre, glissé dans sa couette comme dans un duvet…), il a transformé son lit en bibliothèque et en trampoline, il a estimé que c’était un endroit parfait pour y ranger la dînette, il s’est relevé pour surveiller son frère et ses soeurs et faire la commère… Mais il a dormi. 

Le matin, il continue de nous appeler et aime qu’on vienne le chercher. Il tend les bras vers nous puis se ravise en disant « attend, un lit de grand ». Il descend de son lit puis nous tend à nouveau les bras pour son câlin du matin. 

L’autonomie lui va bien ! 

Le banana bread, la salade et les devoirs de vacances… 

Ce soir, j’avais envie de vous raconter la jolie journée du MiniMoy. 

Depuis longtemps, il sait arrêter tout ce qu’il fait pour venir donner un petit coup de main en cuisine. Il aime battre les blancs en neige, piquer la pâte à tarte, couper les fruits, mélanger la soupe… 

Il est également persuadé d’être un singe. Autant vous dire que je l’ai moyennement pris quand il me l’a annoncé… Me prenait-il pour une guenon?? Mais il m’a expliqué sa théorie que je vous résume ici : « l’homme descend du singe donc on est tous un peu des singes et surtout, surtout ! J’adore les bananes… Donc je suis un singe ! »

 Alors en lisant l’article de Rita le Chat nous livrant sa recette de Banana Bread j’ai immédiatement pensé à mon fils-singe. 

J’ai recopié la recette pour qu’ils puissent la lire facilement (et surtout garder mon portable intact…) La MiniMiss était heureuse de m’aider en coloriant les bananes. 

Ce qui était normalement un simple moment à faire un gâteau est devenu une jolie histoire. 

Le MiniMoy me voyant fatiguée m’a proposé de tout faire seul. Mon angine et moi avons accepté ! C’est en le voyant buter à la lecture de certains mots que j’ai réalisé que c’était là les meilleurs devoirs de vacances au monde ! 

Il a lu la recette puis relu pour voir s’il avait tout compris. 

Puis il a fait un peu de calcul: « 50g de sucre blanc et 50g de sucre roux ça fait 100, mais alors, ça fait beaucoup non? Et là, j’ai mis 150g de farine dans le verre mesureur, je vais calculer combien je dois rajouter » 

On à parler des heures également. 15minutes sous un papier alu… Ça fait un quart d’heure aussi… 

Il était fier et heureux de tout faire seul. Il a mis beaucoup de soin dans la disposition des bananes décoratives. Il a même eu le droit de mettre son gâteau dans le four ! 

Le voyant impatient, j’ai proposé d’occuper les 40 premières minutes de cuisson pour aller faire un petit tour sur le trampoline de mon oncle et ma tante quelques mètres plus loin. 
Tournée générale de « Hourra ». Sur place, mon oncle nous a offert une salade. Le MiniMoy a été le regarder couper la salade dans son petit coin de potager puis à observer les légumes qui y poussaient. 

Les enfants étaient ravis de ce cadeau hors norme.De retour à la maison, le MiniMoy était inquiet, il avait peur que notre absence n’ait été trop longue mais il a vite été rassuré en entendant le timer sonner la fin des 40minutes. Il a regardé avec une très grande vigilance quand j’ai recouvert le gâteau d’alu pour la fin de la cuisson. Cet enfant pourra être jury pour le meilleur pâtissier et stresser les meilleurs candidats !

Une fois la cuisson terminée, le MiniMoy est resté dans la cuisine, jamais trop loin de son gâteau qui refroidissait. Il en a profité pour donner quelques conseils à la MiniMiss qui voulait avoir elle aussi sa place en cuisine et confectionnait  la pizza du midi. 

La salade fraîchement cueillie a donc accompagné notre repas. 

Le MiniMoy qui n’aime pas la salade a bien voulu y goûter et l’a trouvé bonne. 

Alors pour remercier de ce cadeau, il a décidé d’aller porter 2 parts du banana bread en échange. 

Avant de repartir, nous avons dégusté son gâteau. Il a d’abord été un peu déçu car il s’attendait à retrouver ses morceaux de bananes un peu crus. Puis finalement il a bien aimé. Personnellement je m’attendais à ne pas trop apprécier car  je n’aime pas beaucoup la banane mais finalement j’ai adoré. J’en ai mangé plus que de raison. Une tuerie ! 

Le MiniMoy  a enfin pris une feuille de papier pour y noter un petit mot, il a bidouillé avec un tendeur pour accrocher un panier à son porte bagage et a pris l’allée à toute vitesse pour porter son présent. 

Nous nous sommes tous régalés grâce à cette délicieuse recette ! Et je me suis encore plus régalé en observant ce petit jeune homme si gentil et serviable ! 

Et si vous ne savez pas quoi faire, faites donc un banana bread, on se régale et vous passerez sûrement un beau moment vous aussi 😘

L’apprentissage de l’autonomie pour les parents…

Depuis son inscription au collège LaCrapule nous interroge souvent sur sa liberté à venir.

Aura-t-elle un portable? Avec de la 4G? Pourra-t-elle manger au McDo juste en face du collège une fois par mois? Est-ce qu’elle pourra rejoindre des copines après les cours? Comment rentrera-t-elle le soir?

Une foule de questions pour lesquelles nous n’avons pas encore de vraies réponses. On a bien articulé quelques timides « oui » mais nous ne savons pas trop où nous mettons les pieds… On se sent un peu novices et perdus dans ce domaine de la pré-adolescence, du collège et de l’autonomie!

Il y a quelques semaines, lors de nos multiples trajets du mercredi, elle m’a demandé si elle pourrait rentrer du tennis seule bientôt. Il faisait froid et gris, mon excuse était toute trouvée pour lui dire « non » sans entrer dans un long débat.

Puis elle l’a à nouveau demandé quand le temps s’est radouci… Nous venions de faire une virée chez decathlon pour lui acheter un casque de trotinette.

Un peu prise de court, j’ai dû accepter. Nous avons convenu qu’elle pourrait rentrer seule mais que  je ferais des allers/retours en voiture pour la rassurer sur son parcours (oui, vous pouvez lire pour me rassurer ). Maps prévoit quand même 20minutes à pied, c’est long, surtout pour un trajet que nous ne faisons qu’en voiture.

Avant de la laisser partir au tennis ce jour là, nous avons envoyé un message à PapaCoq. Il n’était pas rassuré. A tel point que c’est lui qui guettait LaCrapule à 18h.

A 18h25, elle appuyait gaiement sur la sonnette et franchissait le portail fièrement. « Tu vois maman, ça servait à rien de m’espionner à tous les coins de rue, je suis toujours en vie! »

On a été fiers et on a compté nos cheveux blancs ce soir là ;).

La semaine suivante, elle a réitéré sa demande mais il pleuvait des trombes d’eau. Nous nous en sommes réjouis avec PapaCoq, je l’avoue !

Mais le retour du soleil n’a guère arrangé notre affaire. Nous allions devoir grandir et faire preuve de maturité…

Alors mercredi quand LaCrapule a suggéré l’idée de rentrer seule avec son regard pétillant et son sourire malicieux, je n’ai pas pu dire non.

J’ai glissé dans sa poche un bout de papier avec nos numéros de téléphone et je l’ai laissé partir à son cours. Je suis resté sagement sur le canapé à l’attendre.

A 18h25, elle sonnait à nouveau fière et un peu fatiguée.

C’est à ce moment là que j’ai prévenu PapaCoq

Alors voilà, je crois qu’on devient grands, qu’on devient encore un peu plus parents.

Il va nous falloir grandir encore pour l’accompagner au mieux, il va nous falloir apprendre et faire du mieux que l’on peut.

Pour l’instant on essaye et cela semble lui convenir. Ouf !

L’apprentissage de l’autonomie c’est difficile pour eux, mais aussi pour nous qui la découvrons avec un nouveau regard !

L’ordre des choses et le bonheur de les voir grandir

Cet été dès que l’on évoquait l’âge de LaCrapule, nos interlocuteurs répondaient invariablement: « 10 ans déjà, comme ça passe vite! » Certains ajoutaient: « cela ne nous rajeunit pas! »

Et je dois avouer qu’ils n’ont pas tort… j’ai quand même eu un choc en réalisant son âge et cela s’est accentué avec le choix du collège à faire ! Mon bébé au collège, rendez-vous compte, hier encore elle traînait son doudou-fleur pour aller à la crèche ! Lire la suite